Poésie et informatique III: dénominations (1)
d'Alain Vuillemin
CERTEL, Université d'Artois (France)
La poésie se nomme et se dénomme, se dit ou s’écrit, se récite ou se lit, se compose ou s’improvise, se profère ou se chante, provoque ou apaise, émeut ou touche, plaît ou déplaît… Se définit-elle? La poésie possède un nom, ce mot même de «poésie», venu du grec «ή ποίησις», ce substantif qui désigne à l’origine «l’action de faire, de fabriquer, de créer», d’où, par extension, la création, la fabrication et la composition des poèmes, des ouvrages de poésie («τò πoíηµa»). La définition est déjà tautologique. Il n’est d’ailleurs que de feuilleter les dictionnaires de poétique et ceux de rhétorique ou les histoires de la poésie ou des littératures: depuis toujours, la poésie paraît résister à tous les efforts de définition. Est-elle liée à l’expression d’une émotion mystérieuse, d’une inspiration irrationnelle, envoûtante, enthousiaste? Est-elle attachée à une certaine qualité du discours ou à une certaine forme d’utilisation particulière du langage? Est-elle associée à une attitude de vie, à une espèce de don de voyance ou, tout au moins, à une perception différente de ce qui est inattendu, surprenant, insolite, dans le monde ordinaire? Parce qu’elle est, par sa nature ou par sa définition initiale, un acte d’invention, de création ou de re-création, la poésie semble remettre aussitôt en question ses acceptions antérieures. «Epique», «dramatique», «élégiaque», «lyrique», «satirique», «orphique», «hermétique» ou encore «pure» ou «totale», voire «visuelle», «sonore», «plastique» ou «concrète» pour reprendre quelques-unes de ses qualifications plus modernes, la poésie possède déjà, depuis toujours, mille désignations traditionnelles.
Depuis 1959 et la composition à cette date, en Allemagne, par un ordinateur, des tout premiers «vers libres électroniques» de l’histoire de la littérature, il s’y est ajouté un nombre encore plus considérable de dénominations nouvelles, liées aux progrès successifs des technologies. C’est une véritable explosion de néologismes, des plus neutres aux plus étranges, qui s’est produite pour tenter, chaque fois, d’en caractériser l’originalité. Qu’en est-il de cette effervescence? Comment se retrouver entre ces dénominations et ces définitions? Comment en déceler les stratifications selon les générations de pionniers et aussi d’équipements? Comment en repérer les sédimentations lexicales successives quand les «calculateurs» ont d’abord géré des imprimantes, quand les «ordinateurs» ont été dotés ensuite d’écrans et quand les «réseaux» de télécommunications informatisées se sont, enfin, constitués et fondus dans le «web» ou la «toile», c’est-à-dire le réseau Internet?
I - Des calculateurs et des imprimantes (1959-1979)
Il existe un lien étroit entre les avancées historiques des technologies et le surgissement de ces nouvelles dénominations littéraires et poétiques. De fait, de 1959 à 1979, il n’a existé que des «calculateurs», c’est-à-dire des dispositifs de calcul et de traitement automatique de données, et des «imprimantes», des machines à imprimer. C’est seulement en 1967 que l’Académie française a admis le terme «informatique» dans la langue française pour désigner la «science du traitement rationnel de l’information, notamment par machine automatique». Le substantif lui-même avait été créé, toujours en France, par un ingénieur, Philippe Dreyfus, à partir de la contraction des mots «information» et «automatique». Auparavant, la notion d’«informatique» était confondue avec celle d’«automatique» d’une part (pour la «science des automates») et de «calcul» ou encore de «mathématiques appliquées» (c’est-à-dire de mathématiques appliquées au fonctionnement des automates). Le terme d’«ordinateur», un autre néologisme, avait été fabriqué en 1956 seulement, par un linguiste, Jacques Perret, à la demande de la société IBM-France pour traduire l’expression d’«Electronic Data Processor» qui était alors utilisée en anglais pour désigner ce qu’on définit aujourd’hui, d’une manière plus technique et plus abstraite, comme un «système de traitement de l’information» ou encore un «système informatique». Le mot «ordinateur» n’est d’ailleurs pas entré immédiatement dans l’usage courant. De surcroît, le traitement avancé du langage exigeait à l’époque de recourir à de très gros «calculateurs». Il en résultait que l’accès aux équipements informatiques était restreint à de rares initiés.
En 1959, quand le linguiste allemand Max Bense réussit avec l’aide d’un ingénieur, Théo Lutz, à faire fabriquer par un ordinateur, à Stuttgart, en Allemagne fédérale, ses tout premiers «vers libres électroniques», les ordinateurs sont encore appelés des «calculateurs» ou, plus ordinairement, des «machines». Ce dernier terme de «machine» était, à l’époque, l’appellation la plus communément employée par les informaticiens pour désigner les équipements matériels dont ils se servaient. Ces explications sont nécessaires pour comprendre comment sont apparus à ce moment-là de premiers termes qui ont dérivé de ces usages langagiers pour s’appliquer aux nouvelles formes de création littéraire que l’on découvrait ou que l’on pressentait. C’est dans les années 1960-1970, en effet, que commencent à se répandre les expressions de littérature (et de poésie) «automatique», «cybernétique», «mathématique», «numérique», «digitale» ou encore «algorithmique». En une seconde direction, les progrès du traitement des textes et de l’édition électronique firent prendre conscience, très tôt, que la littérature se dématérialisait, qu’elle allait sortir des livres et quitter les supports imprimés, les «ouvrages» et les «périodiques», pour être diffusée par l’intermédiaire de nouvelles techniques de diffusion ou de télécommunication, plus «électroniques». De nouvelles formes de littérature «immatérielle» étaient annoncées.
En une troisième direction, pendant cette même période, c’est une association, l’Oulipo, pour «Ouvroir de Littérature Potentielle», créée en 1959 précisément par un ingénieur, François Le Lionnais, et par un écrivain déjà reconnu, Raymond Queneau, qui allait devenir le lieu où tout un vocabulaire nouveau, plus littéraire et plus esthétique, serait inventé pour tenter de caractériser la spécificité de ce qui était entrevu ou anticipé. Ces termes ne commenceront toutefois à se répandre dans le grand public qu’avec les premières publications de l’Oulipo, la Littérature potentielle en 1973 et l’Atlas de littérature potentielle en 1983. C’est alors qu’apparaissent de nouvelles catégories esthétiques et les notions de littérature (et aussi de poésie) «expérimentale», «potentielle», «virtuelle», «latente», «combinatoire», «permutationnelle», «variationnelle», «aléatoire», «stochastique» ou, plus simplement, «oulipienne». C’est seulement en 1975, à Bruxelles, lors d’une exposition intitulée «Europalia 75», que l’Oulipo a présenté ses premières réalisations informatiques. Tous ces termes correspondent aussi à une période où les ordinateurs, les «calculateurs», n’opéraient que sur du texte et où l’on ne communiquait avec eux, en amont, qu’à l’aide d’un clavier et, en aval, qu’avec une imprimante. L’interaction était très faible. On ne disposait pas non plus, à cette époque, d’un écran pour suivre les étapes successives des traitements informatisés qui étaient effectués. Il convient de s’en souvenir pour comprendre pourquoi les ordinateurs étaient alors perçus comme de pures «machines littéraires», des «machines à écrire» perfectionnées, pour reprendre le titre d’un cédérom multimédia, Machines à écrire, publié en 1999 aux éditions Gallimard-Multimédia par Antoine Denize en hommage à deux grands pionniers de l’Oulipo, Georges Perec et Raymond Queneau. Par extension, ce terme de «machine» s’est appliqué à toutes les techniques d’écriture qui ont été inventées par les Oulipiens.
II - Des ordinateurs et des écrans (1979-1999)
Entre-temps, les ordinateurs ne cessent de se perfectionner et de se miniaturiser. Plusieurs innovations techniques vont transformer, à partir de 1979, la perception et la conception que l’on avait auparavant de l’informatique. Une «troisième génération» d’équipement apparaît, les «micro-ordinateurs» individuels, dotés d’un écran de visualisation. Un nouveau dialogue, «interactif», entre les «machines» et les utilisateurs s’instaure. Le traitement simultané du texte, de l’image et du son, devient concevable sur un même appareil alors qu’il fallait utiliser auparavant des dispositifs distincts. Avec la baisse des prix, enfin, l’accès à la micro-informatique commence à s’élargir et à se démocratiser.
De nouvelles ressources s’offrent aussi à la création. Et d’autres mots sont apparus pour essayer de caractériser la nature particulière des expérimentations qui se sont aussitôt engagées. Les recherches antérieures se poursuivent toutefois, notamment sur la conception de logiciels de «génération» de textes. Un «générateur de texte» est un programme de traitement de l’information capable de faire fabriquer un «texte» par un système informatique. La démarche revient à expliquer à un ordinateur le principe d’un processus de création d’un type de texte particulier. Dès 1959, François Le Lionnais en avait eu l’intuition. Dans les deux premiers manifestes de l’Oulipo, «la Lipo (le premier manifeste)» et «le Second manifeste», il évoquait le recours aux bons offices des «machines à traiter l’information» soit pour imiter et pour «plagier» des œuvres du passé en essayant d’en analyser et d’en reconstituer en quelque sorte la genèse, soit pour «ouvrir de nouvelles voies inconnues» sur la «synthèse» des textes. Cette «synthèse» de la littérature et de la poésie, Paul Valéry en avait eu l’intuition dès 1922 dans un de ses essais parus dans Variété. Mais les termes de «synthèse», de «synthétique» et de «synthoulipisme», forgés par François Le Lionnais ont été éclipsés par l’expression de littérature ou de poésie «générée» ou encore de «littérature assistée par ordinateur».
En 1981, une scission se produit au sein de l’Oulipo. Des transfuges, Jacques Roubaud, Paul Braffort, Jean-Pierre Balpe, Mario Borillo, Marcel Bénabou et quelques autres aussi, créent l’Alamo, c’est-à-dire l’«Association pour la Littérature Assistée par la Mathématique et par l’Ordinateur».Un nouvel adjectif est forgé : «alamien», pour marquer l’originalité de cette démarche par rapport aux expérimentations de l’Oulipo. En 1984, le numéro 95 de la revue Action poétique en décrira les projets. En 1985, à Paris, lors d’une exposition sur «Les Immatériaux» au centre Georges-Pompidou, l’Alamo présentera ses premiers «générateurs» ou «littéraciels».
Parallèlement, en France, dès 1980, se développe une autre technologie, la «télématique» ou la «télé-informatique» à partir du minitel (pour un «mini-téléphone» doté d’un petit écran). La poésie devient ainsi «animée». L’utilisation des écrans permet de donner en effet aux «textes», assimilés à des «images», une vie, un mouvement, une animation qui étaient inconcevables auparavant.
En 1989, toujours en France, à Villeneuve-d’Ascq, est créée par une autre association, LAIRE, ce qui se révèlera avoir été la toute première revue de poésie animée et électronique au monde, la revue alire, diffusée d’abord sur des disquettes micro-informatiques puis sur des cédéroms multimédias. D’autres adjectifs sont aussi fabriqués à cette époque pour caractériser ces formes nouvelles de poésie, soit en insistant sur sa nature «multimédia», «médiatique», ou «pan-médiatique», soit sur son mode «conversationnel», «interactif» ou «dialogué», soit, enfin, sur son aspect «verbi-voco-visuel». Dans cette perspective, les ordinateurs multimédias apparaissaient comme des instruments de création exceptionnels, capables de se mettre au service d’une poésie «totale» (pour reprendre une expression du poète italien Giani Totti) en fondant ensemble des formes de poésie écrite, visuelle et sonore, qui étaient pratiquées auparavant d’une manière distincte. Le rêve d’une poésie «fusionnelle», entrevu par Mallarmé, par exemple, dès 1897, dans Un Coup de dé jamais n’abolira le hasard, paraissait pouvoir s’accomplir, et c’est cette aspiration ou cette utopie qui a dominé la plupart des démarches de création pendant près de vingt ans, de 1979 à 1999, approximativement.
III - Des réseaux et de la toile (1995-2003)
L’extension vertigineuse du réseau Internet, amorcée dés 1995 et accélérée à partir de 1999, a bouleversé la situation précédente. L’informatique est vraiment devenue depuis cette date un «média», un véritable «instrument de communication de masse», ce qui est la définition de ce dernier terme. De nouvelles générations d’auteurs et de poètes ont tenté aussitôt de se l’approprier. Les résultats en ont été très ambigus. Le premier grand réseau d’ordinateurs, le réseau Arpanet , avait été créé aux Etats-Unis en 1968. En France, le réseau Transpac n’avait été mis en service qu’en 1978. Dès 1985, cependant, un réseau dédié à la recherche scientifique, le réseau américain NSFnet , avait commencé à fédérer entre eux les principaux réseaux qui se constituaient à cette époque un peu partout dans le monde. En 1989, le réseau Internet, le «réseau des réseaux», a pris le relais et s’est ouvert aux exploitations commerciales à partir de 1991. En 1995, la France a été gagnée à son tour par la «fièvre» du «web», de la «toile», pour reprendre des termes qui désignent désormais ce réseau Internet.
Les poètes aussi sont gagnés par cette frénésie. Dès 1999, une revue de poésie, la revue Doc(k)s, éprouvait le besoin d’effectuer un premier inventaire de ce qui avait déjà été produit, sur le réseau, ceci pour explorer «les spécificités fines du web». La revue s’était alors aperçue qu’une nouvelle génération de jeunes auteurs avait découvert brusquement une «culture de l’ordinateur» mais non forcément son histoire. Ce faisant, la revue Doc(k)s avait rencontré sur le web «des dizaines de poètes dont nous ignorions tout», qui n’avaient pas les mêmes références esthétiques et littéraires, et qui venaient d’autres horizons, de la vidéo, des arts visuels et plastiques, du design, de la communication, voire du web tout court. Ce qui était nouveau, c’était l’extraordinaire brassage des influences qui s’opérait, c’était la façon dont le réseau Internet permettait d’établir des liens, des connexions et aussi des mélanges inattendus entre les catégories esthétiques, les identités particulières, les personnalités individuelles, les itinéraires respectifs, les démarches de création.
C’était aussi une nouvelle explosion du vocabulaire. Ce qui était retenu de l’informatique par chacun était désigné de multiples façons, par des raccourcis métonymiques, en fonction des préoccupations et des recherches des uns et des autres. L’utilisation du courrier électronique a ainsi donné naissance au «mail-art» et à l’«e-mail-poésie», à l’«e-poésie», à la «click-poésie». D’une manière plus générale, le recours au «web» a provoqué l’apparition d’un «web-art», d’une «web-poésie» et d’une «web-création», et de «web-poèmes», voire d’une «cyberlittérature», d’une «cyber-poésie», de «cyber-poèmes» et«cyber-oeuvres». La préférence donnée aux «hypertextes», ces langages de programmation informatique qui permettent de circuler et de «naviguer» entre des fragments de textes, a aussi engendré une littérature (et une poésie) «hypertextuelle», une «hyper-poésie» qui devient volontiers «hypermédiatique» quand des séquences vidéos ou des enregistrements sonores s’y ajoutent en des «hyperpoèmes» d’une nature «multimédia» ou «hypermédia». La poésie est, en apparence, devenue plus «technologique». La création paraît aussi avoir éclaté, en cette dernière période, en une foule de directions divergentes sur le réseau et sur la «toile».
Conclusion
Ce phénomène d’éclatement des dénominations et des définitions de ces formes de poésie induites par l’essor de l’informatique et des technologies de l’information révèle l’existence d’un malaise sans doute beaucoup plus profond. Une rupture, une «fracture» irrémédiable s’est produite en 1959, sans conteste, entre la littérature antérieure, liée à la tradition du livre imprimé, et une poétique qui a été aussitôt appelée «électronique», «cybernétique», «mathématique», «numérique», «digitale» ou «automatique». Dès 1960 aussi, en France du moins, une poignée d’écrivains, ceux que François Le Lionnais et que Raymond Queneau ont tenté de rassembler autour de l’Oulipo, George Perec, Jacques Roubaud, Harry Mathews, Italo Calvino, Paul Fournel, Paul Braffort, Jacques Bens, Noël Arnaud, Marcel Bénabou, Jacques Duchateau, Michèle Métail, Claude Berge, Jean Quéval, Luc Etienne, Jacques Jouet, Jean Lescure, François Caradec, Stanley Chapman et beaucoup d’autres encore, ont tenté de réfléchir sur ce que l’informatique pouvait ouvrir comme voies nouvelles à la création, alors même que les ordinateurs ne savaient encore travailler que sur des «textes». De cette époque, entre 1959 et 1979, date ce qu’on appelle depuis la poésie «expérimentale», «potentielle», «virtuelle», «latente», «combinatoire», «permutationnelle», «variationnelle», «aléatoire», «stochastique».
C’est aussi à cette époque que des concepts nouveaux se cristallisent et que se créent des termes qui ne se diffuseront toutefois qu’au cours de la période suivante, entre 1979 et 1999, approximativement, autour de la notion de «littérature générée» ou de «littérature assistée par ordinateur». Désormais, les ordinateur sont devenus multimédias. Ils sont dotés d’écrans. Ils permettent d’intervenir simultanément sur du texte, des sons et des images. La poésie devient «animée», «télématique», «télé-informatique» et aussi «multimédia», «médiatique», «pan-médiatique» et enfin «conversationnelle», «interactive», «dialoguée», voire «verbi-voco-visuelle». Avec l’essor des réseaux de télécommunications et l’extension de ce qu’on appelle désormais la «toile», le réseau Internet, les dénominations éclatent: «e-mail poésie», «e-poésie», «e-poème», «click-poésie», «click-poèmes», «web-poésie», «web-création», «web-poèmes», «hyper-poèmes», «hyper-poésies», «cyber-poésie», «cyber-poèmes»; tous ces termes prétendent décrire ce qui serait nouveau. Sont-ce des facettes d’une même poésie «technologique» «numérique» dont l’informatique constituerait l’unité? Ou s’agit-il de manifestations d’un désarroi provoqué par l’entrée de la littérature dans l’ère du numérique? Les catégories littéraires traditionnelles, liées à la culture du livre imprimé, permettent mal d’appréhender la nature de la mutation qui est en train de se produire. Cette crise du langage le révèle. Une nouvelle culture, «technologique» ou «cyberlittéraire», est aussi en train de naître. La vitalité de la poésie demeure inchangée mais cette «cyber-poésie» inédite cherche toutefois ses marques et ses repères en cette aube du XXIe siècle.
Note
1 - Article repris de la revue L’Approche poïétique/poétique, Craïova (Roumanie), Université de Craïova, 2003, n°3.
2003
Voir dans l'encyclopédie de l'Astrolabe:
Poésie et informatique I: historique
Poésie et informatique II: approches
Poésie et informatique IV: bilan