Poésie et informatique II: approches
d'Alain Vuillemin
CERTEL, Université d'Artois (France)
La vitalité de la création littéraire par ordinateur a été réaffirmée en ce début du XXIe siècle, à Paris, au Salon du livre, avec la parution le 21 mars 2000 du numéro 11 de la revue de poésie électronique alire avec 28 créations poétiques inédites, présentées sur un cédérom multimédia. En même temps, à cette occasion la revue alire s'est aussi transformée d'une manière radicale en cessant d'être seulement une «revue animée d'écrits de source électronique» telle qu'elle avait été conçue à l'origine, en janvier 1989, lors de sa fondation, pour se tourner résolument vers la littérature, en devenant une «revue de littérature animée et interactive». Mais cette vitalité et cette fécondité de la création littéraire par l'informatique et par l'électronique s'étaient aussi manifestées durant la décennie précédente par la multiplication des éditions, des productions et des réalisations, à tel point que l'on avait pu dénombrer l'existence de deux revues de poésie électronique, alire et KAOS (dont la seconde, créée en 1990, avait déjà disparu en 1994) et la parution d'au moins cinq cédéroms: le numéro 10 de la revue alire, associé en 1997 aux numéros 13-14-15-16 de la revue imprimée Doc(k)s et, en 2000, son numéro 11, puis Poèmes et quelques lettres de Patrick-Henri Burgaud paru en 1997, Poèmes animés publié par l’Université d’Artois en 1998 et, en 1999, en langue flamande, un autre cédérom, publié en annexe à un numéro spécial de la revue DWB: Dietsche Warande & Belfort: Elektronische Literatuur, consacré à la littérature électronique. Il est même arrivé quelquefois, durant la période récente, que des revues d'informatique orientées vers le grand public, comme Sciences et Vie Micro en son numéro 138, en 1996 (1), aient fait paraître des cédéroms sur la littérature et le multimédia, encartés dans leurs versions imprimées. Au total, rien qu'en France, depuis 1989, ce sont près d'une quinzaine de publications périodiques ou isolées, auxquelles il convient d'ajouter presque autant de sites analogues sur Internet, plus d'une centaines d'auteurs et entre 300 et 400 créations «poétiques» que l'on peut déjà identifier à date. Cette richesse était aussi, dans le même mouvement, un indice de l'importance d'un phénomène dont on mesure encore mal l'étendue et les implications, à savoir l'évolution ou la transformation radicale que le recours à un ordinateur induit désormais dans l'approche de la création littéraire. Qu'en est-il donc de ces relations nouvelles qui s'instituent ainsi entre la poésie, l'informatique et la création ? Jusqu'à quel point en particulier, les notions fondamentales de «texte» et d'«auteur» sont-elles bouleversées ?
En ces créations esthétiques d'une nature nouvelle, la perception du «texte» se transforme en effet. Certes, lorsqu'on consulte un numéro de la revue alire, ce qui est d'abord «affiché» sur un écran d'ordinateur et qui est ensuite «vu», puis «lu» et «interprété» comme étant un «texte poétique» demeure agencé en des mots, des lettres ou des énoncés dont l'entrelacs constitue le «tissu» de significations d'où sourdent des émotions et des réflexions. Mais il n'est que de consulter le numéro 11 de la revue alire, avec les numéros 13-14-15-16 de la revue Doc(k)s, imprimée, qui l'accompagnaient, pour mesurer à quel point la conception et les approches de ce qu'on continue à appeler le «texte» d'un poème (faute d'une meilleure expression) peuvent varier d'une conception encore «statique» à des modes d'appréhension plus «dynamiques», animés ou générés.
Une première approche, encore très statique, même si elle se situe dans le prolongement des conceptions de l'Oulipo sur la littérature transformationnelle, inspire ainsi la démarche créatrice de Guillaume Loizillon, auteur dans les numéros 13-14-15-16 de Doc(k)s d'un essai sur «Texte et ordinateur (Une esthétique de la programmation)» et co-auteur avec Jacques Donguy de plusieurs créations informatiques diffusées par la revue alire. Analysant leur mode de travail en commun, Guillaume Loizillon expose en effet
qu'il y a donc dans ce contexte un enchaînement du travail des deux auteurs. Dans un premier temps une production textuelle (Jacques Donguy), puis l'écriture d'un programme de manipulation/transformation du texte, assorti d'un mode de présentation, écran ou imprimante (Guillaume Loizillon) et, enfin, éventuellement d'un retour vers le premier auteur qui opère choix et recadrages pour entrer dans le format du livre. (p. 148)
On ne saurait être plus explicite. La page-écran reste conçue sur le modèle de la page imprimée. Après quelques transformations ou manipulations, le résultat qui sera obtenu sera encore un autre «texte», peut-être très différent de son état initial mais encore très «statique» dans ses structures et dans sa présentation finale. Un «poème performance», «Tag-Surfusion» de Jacques Donguy et de Guillaume Loizillon, illustre cette tentation dans le numéro 8 de la revue alire paru en novembre 1994.
Avec la poésie animée, c'est une autre approche des textes, plus «dynamiques», qui s'est affirmée à partir de 1980, aussitôt que les micro-ordinateurs individuels ont été dotés d'une console de visualisation. Ce qui était «vu» et «lu» sur un écran a commencé à prendre une vie, un mouvement, une «âme», qui étaient encore insoupçonnés auparavant même si ce qu'on appelait la «poésie spatiale», la «poésie concrète» ou même la «typo-poésie» en avait eu l'intuition auparavant. Sur ce point, les réflexions les plus pénétrantes ont peut-être été proposées entre 1989 et 1997 par Philippe Bootz, à propos de sa propre démarche créatrice précisément, dans les principaux éditoriaux des livrets d'accompagnement de la revue alire. Il y explique longuement, en effet, comment les «textes» qu'il avait souhaité créer, tout au long de ses tâtonnements, avaient été «conçus pour être vu». «Ces textes [étaient] donc en même temps des images [...] tantôt verbales, tantôt visuelles» (p. 102), dont la perception était bouleversée par les jeux qui étaient introduits sur le surgissement, le déroulement, le scintillement, la coloration, l'amuissement, la disparition, le resurgissement ou la ré-apparition de tel ou tel fragment. «Hymne à la femme et au hasard», publié en avril 1994 dans le numéro 7 de la revue alire, ou «A bribes abattues», paru en juin 1995 dans le numéro 9 de cette même revue alire, en sont deux exemples assez significatifs, induisant «une grande variété d'aspects et de résonances qui se dérobent, s'effacent, se substituent, se démultiplient dans une partition presque musicale» (Bootz, p. 103). Ce faisant, ce sont d'autres modalités de la durée et de la temporalité, inédites jusqu'alors, qui surgissent.
Dans cette perspective, la poésie «générée» par ordinateur repose sans doute sur une conception tout à fait différente du «texte». On en trouvera un exposé en un bref article de Jean-Pierre Balpe, publié en 1995 et intitulé «Pour une littérature informatique: un manifeste... » Un poème «généré» correspond à une catégorie de poèmes qui n'existent pas à l'avance mais qui sont fabriqués (ou «générés» pour utiliser le terme technique qu'emploient les informaticiens) par un «générateur» ou un «synthétiseur» de texte, autrement dit un programme de traitement informatique conçu pour ce faire. L'idée est ancienne et son principe, à propos des «machines écrivantes» (Balpe, 1995, p. 25) a été énoncé par François Le Lionnais dès l'élaboration du premier manifeste de l'Oulipo en 1961. La revue KAOS, en association avec la revue Action poétique (2), en avait proposé quelques exemples en 1992, sur une disquette, dont la plupart furent repris, entre 1994 et 1996, notamment Jasper de Jean-Jacques Mariage et de Jack Smith, Autobiographie, Réponse de Jean-Pierre Balpe à Claude Adelen et Questions d'amour et de poésie d'Henri Deluy, par Jean-Pierre Balpe, en une éphémère collection littéraire, appelée «Génération», aux éditions Ilias, sur des disquettes micro-informatiques toujours, au standard Macintosh. La revue alire en a publié aussi, en français dans son numéro 9, en portugais en ses numéros 9 et 10, en espagnol et en hongrois dans son numéro 10 aussi. Dans ces réalisations, «l'auteur, ici, caché, à l'évidence, explique Jean-Pierre Balpe, ne conçoit pas les textes. Ce que, au mieux, il conçoit, ce sont des virtualités de textes, quelque chose comme un schéma de littérature encore inexistante, des mises en scène plausibles de textes virtuels...» (3), en nombre infini, indéfiniment renouvelés. «Ici, ajoute Jean-Pierre Balpe, le texte ne se substitue qu'à lui-même ou, plutôt, mue constamment, se change en tout moment en [un] autre texte qu'il est également...» (Balpe, 1992) Peu importe que le texte généré soit un distique, un quatrain, un sonnet, un épigramme, un fragment de récit autobiographique ou un embryon de récit carnavalesque. La «poésie», ici, consiste à concevoir les principes de la création d'un texte poétique à venir, dont chaque lecteur générera, à volonté, les infinies variantes particulières.
Rien n'interdit d'ailleurs de tenter d'imbriquer les deux démarches précédentes, la génération d'un poème particulier à partir des interventions successives d'un lecteur, puis son animation. Philippe Bootz s'y est risqué en 1997, dans le numéro 10 de la revue alire, en inventant un genre nouveau, conçu sur le principe de cette démarche mais poussé jusqu'à l'extrême: le «Poème à lecture unique», un poème qui peut être généré une fois mais qui sera aussitôt détruit, au terme de son exécution, et que nul ne pourra jamais retrouver, même d'une manière aléatoire. Ce faisant, l'on s'en rend compte, la découverte de ces virtualités potentielles du texte poétique électronique n'est pas non plus sans conséquence sur le rôle qui était dévolu auparavant aux auteurs, aux poètes.
II - Les Approches de l'auteur
Il est sûr que le rôle d'un auteur se transforme aussitôt qu'il recourt à un ordinateur. Dès 1977, Paul Fournel avait décelé l'apparition des «chaînes de rapports» (p. 273) complexes dans les relations qui s'étaient établies entre les auteurs, les ordinateurs, les lecteurs et les œuvres à propos des toutes premières créations littéraires qui avaient été entreprises par Jacques Roubaud, Marcel Bénabou, Paul Braffort ou Jacques Lusson. Depuis, aucune étude méthodique n'a encore été menée sur ce qu'il en était. La plupart des auteurs se sont montrés jusqu'à présent d'une très grande pudeur, et rares ont été les aveux et les révélations même s'ils se sont laissé aller parfois à quelques confidences.
Il est certain que l'auteur initial, l'écrivain ou le poète conserve l'entière paternité de l'idée première de ses créations, quelles qu'elles soient. Mais l'on ne sait pratiquement rien de ce qu'il en a été des processus d'inspiration et de genèse des réalisations qui ont été diffusées par la revue alire par exemple. Déjà, le mode de fonctionnement d'un ordinateur tend à supprimer ou plutôt à effacer «les concepts de "brouillon", de "rature", donc, en partie de remords d'écriture, de "manuscrits"...» (Balpe, 1984, p. 6) Ce qui est présenté sur une disquette ou sur un cédérom est un logiciel inachevé, éphémère et instable. Tout au plus peut-on en repérer des états successifs, par exemple les reprises du logiciel Sintext par Pedro Barbosa entre 1974 et 1996, ou les remaniements de Mots entre 1994 et 2000 par Philippe Bootz. Dans ce processus, l'écrivain reste maître des étapes de l'analyse préalable de ce qu'il entend proposer à ses futurs lecteurs. Il partagera ensuite la conception des principes généraux de ce projet avec le créateur d'un logiciel ou d'un programme, sauf s'il est lui-même à l'origine dudit logiciel et s'il en maîtrise complètement la réalisation. Ce rôle de l'auteur tend ainsi à se déplacer et à s'approfondir vers l'amont des processus de création. Les pratiques, on le pressent, ont dû être très différentes. On n'en sait pas beaucoup plus toutefois.
Tout aussi mystérieuse apparaît la part de la création qui se trouve dévolue par un auteur aux logiciels qui interviennent dans le déroulement et l'exécution d'une application sur un cédérom. Le choix d'un standard informatique est une première condition. Les numéros 10 et 11 de la revue alire, de même que le cédérom en langue flamande DWB. Dietsche Warande & Belfort: Elektonische Literatuur sont des produits hybrides, aux standards Ibm-Pc et Macintosh, strictement incompatibles (4). Or, la confrontation de ce qui a été réalisé selon l'un ou l'autre de ces standards révèle de grandes différences. L'évolution des technologies intervient aussi. L'image et la poésie visuelle, la poésie animée, ont été des conquêtes liées à l'apparition des consoles de visualisation à partir de 1980. La couleur et le son en ont été une autre étape entre 1986 et 1990. La diffusion des hypertextes a modifié les pratiques d'écriture à partir de 1990. Dès 1994, dans un article intitulé «A regarder, à écouter, alire» Tibor Papp avait été amené à distinguer entre différentes «formes littéraires nouvelles» (p. 54-55), la «poésie combinatoire», les «poèmes ou les textes visuels», les «textes générés», les «poèmes visuels dynamiques», les «poèmes à manipuler par le lecteur», qui correspondaient à autant d'avancées technologiques et esthétiques. Cette tendance s'est encore enrichie depuis. Le degré de compétence ou d'incompétence technique intervient enfin. Il s'est trouvé des auteurs comme Claude Mallard ou Jacques Donguy pour se reposer entièrement sur des programmeurs, Tibor Papp ou Guillaume Loizillon. D'autres, comme Jean-Pierre Balpe, Philippe Bootz, Tibor Papp, ont voulu assumer complètement cette partie du travail, en des proportions variables et en refusant d'abdiquer de leur pouvoir d'écrivain.
Une autre interrogation porte sur le degré de délégation de ce pouvoir qui est consenti au lecteur par le truchement du logiciel. Ces formes nouvelles de poésie n'existent en effet que dans le temps de leur interaction, c'est-à-dire de leur création ou de leur recréation à la suite d'une intervention du lecteur sur le fonctionnement de l'ordinateur qui est utilisé. Là encore, on le sait grâce à Jean-Pierre Balpe depuis 1984, «la problématique en est simple: le lecteur reste-t-il lecteur ou devient-il auteur»? (p. 9) La difficulté est de savoir à partir de quel instant ce lecteur devient un écrivain. La discussion est difficile. L'acte de la lecture tend à se confondre avec celui de l'écriture. Dès 1977 dans A Literatura cibernética puis en 1996 dans A Cyberliteratura. Criação Literaría e Computador, Pedro Barbosa a proposé un néologisme, celui d'«écrilecture» («écrileitura») pour désigner la fusion de ces deux actions que l'informatique permet désormais. Mais cet équilibre est instable. Il peut tendre vers la lecture, et le lecteur devenir plutôt un spectateur passif de ce qu'il verra se dérouler sur son écran. L'assiette peut aller aussi vers l'écriture, le lecteur se transformant en un lecteur actif, voire en un «écrilecteur» dont le pouvoir d'intervention direct ou indirect pourra devenir important sur le texte. L'attitude de l'auteur initial devient alors déterminante. Tout dépend de l'idée qu'il se fait de son rôle et de la plénitude de la création. Ou il reste attaché à une conception encore traditionnelle d'une œuvre finie, figée, achevée, dont il serait l'unique propriétaire et dont ce droit de propriété serait inaliénable, au moins sur un plan moral, ou il préfère l'idée, plus neuve, qu'une œuvre n'est jamais finie, qu'elle ne saurait être fixée ni complètement achevée, et qu'il pourrait aussi en partager la paternité et la propriété en une création collective et composite. Dans la pratique, l'imperfection de la technique aidant, c'est encore la première conception qui prévaut même si la seconde est plus souvent et plus hautement affirmée.
La question de l'auteur est aussi celle du lecteur. On le constate depuis 1996 sur le réseau Internet où il ne manque pas de sites littéraires qui proposent aux «internautes» des formes de littérature dite «électronique» qui ignorent superbement tout de leur environnement informatique. Un auteur peut aussi décider — il en est libre — d'imposer à ses lecteurs des formes de poésie animée ou générée par ordinateur dont le déroulement serait très peu interactif, ou même pas du tout. A l'inverse, en partant d'expérimentations et de manipulations encore très rudimentaires, de premiers pionniers ont tenté d'imaginer ce que pourraient être, déjà, des formes d'«écrilecture» poétique, hautement interactives. Là réside peut-être l'une des voies à venir de la liberté créatrice.
Conclusion
A propos des relations qui s'instituent ainsi d'une manière un peu compliquée entre la poésie, l'informatique et la création sous l'effet de l'essor des technologies de l'information, une rupture croissante semble se produire. La perception du texte change. La conception que l'on avait du rôle de l'auteur se modifie. Et, même si les témoignages vécus sur les pratiques poétiques sont encore rares, même si les constructions doctrinales et esthétiques sont encore balbutiantes et si les réflexions critiques encore trop peu nombreuses, cette prise de conscience suffirait presque à justifier l'intérêt qui a été porté dès 1959 déjà aux promesses que l'informatique naissante recelait.
Ce faisant, les expérimentations et les investigations qui se sont matérialisées lentement au cours des onze parutions successives de la revue alire, des trois publications éphémères de la revue KAOS, dans les cédéroms Poèmes et quelques lettres et Poésies animées, tout comme dans celui qui a été consacré à la littérature électronique en langue flamande par Jan Baetens et par Eric Vos et par la revue DWB, ont aussi manifesté une autre conviction. La poésie ignore les frontières, que ce soit celles des nations, des langues et des technologies. En ce sens, la naissance proclamée, en ce début des années 2000, de la «littérature animée et interactive» par la revue alire se situe dans le prolongement de tous les mouvements d'avant-garde qui se sont succédé depuis la fin du XIXe siècle déjà.
Telle est, du moins, la conviction de Philippe Castellin, l'un des animateurs de la revue Doc(k)s dans son texte de présentation commun au numéro 10 de la revue alire et aux 13-14-15-16 de la revue Doc(k)s:
Il existe, constatait-il en 1997, une étrange solidarité entre la poésie (qui depuis un siècle tâtonne à redonner corps visible à la lettre en déplaçant les frontières des arts) et l'état des possibilités que l'ordinateur déploie. Toutes les opérations que la machine rassemble et éventaille en ses menus, on les distingue dans les pratiques poétiques antérieures. Collages, cadavres exquis, jeux formels et permutationnels, schémas et variantes, comme aussi bien rêve d'une poésie totale, synesthésique, multisensorielle, «correspondante», faite par tous, d'un texte collectif sans cesse redéployé, d'une œuvre inappropriable et en un sens inexistante, in-étante parce que toujours en progrès, jamais fixée [...], éphémère, insaisissable, inlassable [...]. L'ordinateur accomplit Queneau, Schwitters, Pound et Joyce, Petranio et Raoul Haussman, et tandis qu'Internet matérialise l'art inobjectal ou le mail art, l'end of file des avant-gardes s'écrit en un zaum [sic] binaire qui code avec la même aisance la matière son-image-mots. (p. 6)
On ne saurait mieux résumer ce qu'il en est de ces nouvelles approches de la littérature et de la création poétique.
Notes
1 - Voir Malandain, Jean-Louis, «Aubaine pour les littéraires», Revue de l'EPI, no 88, Paris, 1997, p. 185-188.
2 - Voir Le Lionnais, François, «La Lipo (le premier manifeste)», dans Oulipo, La Littérature potentielle, p. 15-18.
3 - Voir Oulipo, La Littérature potentielle, Paris, Gallimard, 1973, p. 37.
4 - La compatibilité relative qui existe entre les deux standards ne concerne pas les logiciels de traitement.
Références
alire: Revue de littérature animée et interactive, Villeneuve d'Ascq, Mots-Voir, 2000, 1 cédérom multimédia.
Baetens, Jan et Eric Vos, DWB, Dietsche Warande & Belfort: Elektronische Literatuur, Leuven (Louvain, Belgique), DWB, 1999, no 4, p. 435-555, + 1 cédérom multimédia.
Balpe, Jean-Pierre, «L'"Ange" ou le "Diable" en boîte?», Action poétique, no 95, 1984.
Balpe, Jean-Pierre, «Informatique», Action poétique, no 129-130, et KAOS, no 3, Avon, Action poétique-Kaos, 1992, 144 p. + 1 disquette Macintosh.
Balpe, Jean-Pierre, «Pour une littérature informatique: un manifeste...», in Vuillemin, Alain et Michel Lenoble, Littérature et informatique: la littérature générée par ordinateur, Arras, Artois Presses Université, 1995, p. 19-32.
Barbosa, Pedro, A Literatura cibernetica 1: Autopsemas gerados por computador, 1977; A Literatura cibernetica 2: Um sintetizador de narrativas, 1980, Porto (Portugal), Arvore, 167 p. + sq.
Bootz, Philippe, in Gillot, Arnaud, La Notion d'«écrilecture» à travers les revues de poésie électronique «alire» et «KAOS» (1989-1995).
Burgaud, Patrick-Henri, Poèmes et quelques lettres. Poèmes multimédias pour Windows, Stiching Woord-Beeld, Zypendaalseweg 75, 6814 Ce Arnhem, Pays-Bas, 1997, 1 cédérom multimédia.
Castellin, Philippe, «Doc(k)s»: Mode d'emploi. Histoire, forme et sens des poésies expérimentales contemporaines, Paris, Université de Paris-Sorbonne (Paris IV), 1996, 226 f. (thèse de doctorat ès lettres).
Castellin, Philippe, «L'Esprit, la genèse...», Doc(k)s, Ajaccio, Akenaton, 1996.
Doc(k)s / alire + CqfD-ROM, Ajaccio-Villeneuve d'Ascq, Akenaton, Mots-Voir, 1996, 257 p. + 1 cédérom multimédia.
Fournel, Paul, «Ordinateur et écrivain: l'expérience du centre Pompidou», in Oulipo, Atlas de littérature potentielle, Paris, Gallimard, 1981.
Gillot, Arnaud, La Notion d'«écrilecture» à travers les revues de poésie électronique «alire» et «KAOS» (1989-1995), Timisoara (Roumanie), Certel-Hestia, 1999.
Le Lionnais, François, «La Lipo (le premier manifeste)», in Oulipo, La Littérature potentielle, Paris, Gallimard, 1973.
Loizillon, Guillaume, «Texte et ordinateur (Une esthétique de la programmation)», Doc(k)s, Ajaccio, Akenaton, 1997, p. 148-149.
Oulipo, La Littérature potentielle, Paris, Gallimard, 1973.
Papp, Tibor, «A regarder, à écouter, alire!», in A:/Littérature/, Roubaix-Villeneuve d'Ascq, 1994, p. 54-59.
Sciences et Vie Micro, no 138.
Université d'Artois, Poésie animée, oeuvres réunies par Alain Vuillemin, Arras, CERTEL-Université d'Artois, 1998, 1 cédérom multimédia.
2002
Voir dans l'encyclopédie de l'Astrolabe:
Poésie et informatique I: historique
Le Robot-poète: littérature et critique dans l'ère électronique